Maman Tendance Bio

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Hôpital mon ami, je pense que tu es malade …

Me voilà de retour après une petite pause plus en forme que jamais… Je reviens avec un long, un très long pavé que je souhaite lancer dans la mare de  la Mère Cane. Désolée madame canard, je risque de faire déborder ta mare tellement mon pavé sera gros …

Je reste très discrète sur ma vie privée, mais il me semble nécessaire d’écrire mes péripéties de ces derniers jours pour dénoncer les conséquences sur les familles de la réduction des budgets de nos hôpitaux et les risques que l’on fait courir à nos enfants. Comme je ne fais rien à moitié, je souhaite aussi aborder le sujet du manque de formations et d’informations des pédiatres hospitalier en matière d’allaitement :

Fin février, ma toute petite est tombée malade : elle avait une fièvre qui montait à 40 et une toux pas belle du tout. Après deux visites de SOS MEDECIN et deux visites chez mon médecin traitant en moins d’une semaine,  mon docteur a fini par l’envoyer à l’hôpital de Melun pour cause de stagnation pondérale : elle n’avait ni grossi ni grandi depuis 1 mois ½.

Arrivé à l’hôpital, ils la trouvent un peu déshydratée, je leur dis que depuis une semaine elle gémit beaucoup et tète très peu. On rentre alors dans la spirale hospitalière. Prise de sang, analyse d’urines, 7 radios (1 de chaque membre, 2 de la tête et une du thorax), 2 échographies (une des reins et l’autre de l’estomac). La pédiatre finit par m’annoncer qu’elle sera hospitalisée environ une semaine à cause de sa faible prise de poids et que j’ai été inconsciente de l’allaiter exclusivement, si j’avais été une bonne mère, j’aurais complété avec des biberons de lait 2ème âge… Le ton était donné, c’est moi sa maman qui était responsable de son hospitalisation, j’étais anéantie …

Une puéricultrice m’a quand même un peu rassuré et m’a dit qu’elle essayerait de faire ce qu’il faut pour que je sois dans une chambre avec une chauffeuse pour pouvoir rester 24 heures sur 24 avec ma petite coccinelle. Elle m’explique qu’elle est persuadée que les mamans doivent être le repère de leur bébé et qu’ils guérissent plus vite quand elles restent avec eux.

Nous voilà donc depuis 1 heure dans une chambre de ce sinistre hôpital. J’étais fatiguée par une journée passée aux urgences, angoissée de l’état de santé de ma fille et je n’avais rien mangé depuis 8 heures du matin, mais j’étais soulagée d’avoir une chauffeuse pour pouvoir m’allonger et me reposer un peu. Malheureusement à peine nos affaires installées, une infirmière nous annonce que la chambre (ou plutôt le box comme ils disent) doit être laissée à une autre famille et qu’il faut que je range en urgence mes affaires. On nous emmène dans une autre chambre déjà occupée et l’on m’annonce que cette semaine, je devrais dormir sur un fauteuil … Mon sentiment à ce moment-là : être un animal que l’on peut changer de box à n’importe quelle heure sans prévenir et à qui on peut demander de dormir n’importe où …

Quelques heures plus tard, la puéricultrice voyant que j’étais très perturbée par la situation a fini par trouver une solution pour que je puisse avoir une chauffeuse pour dormir. La cohabitation avec la petite voisine et sa maman s’est ensuite très bien passé.

Au cours de la nuit, on me réveille pour me dire que ma fille à une pyélonéphrite (infection des reins) et qu’elle sera traitée durant 3 nuits par des perfusions d’antibiotique. L’infirmière m’explique que c’est surement pour ça que ma fille n’a pas grossi et qu’une fois soignée elle devrait tranquillement reprendre du poids. Me voilà rassurée, je peux tranquillement finir la nuit…

C’était sans compter mon amie la pédiatre, qui avait décidé que la stagnation de poids de ma fille était due à l’allaitement… Le lendemain matin elle m’avertit que ma fille devra prendre des compléments de bibs 2ème âge pour compléter mon lait : « vous voyez bien que votre lait n’est pas bon madame[…] mais pourquoi avez-vous allaité exclusivement, le lait maternel ne suffit pas c’est inconscient » Je lui ai répondu que l’OMS recommande l’allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant sans complément de lait 1er âge et que la PMI m’a confirmé qu’une diversification vers le  7ème mois était tout à fait adaptée. Elle me rétorque alors que ces recommandations sont pour les enfants des pays en développement et que si ma fille a décroché, c’est bien parce que je n’ai pas assez de lait et qu’il n’est pas assez riche…

Après une longue négociation, nous nous mettons d’accord pour des compléments donnés par le biberon après les tétées,  mais en priorité de mon lait que je souhaitais tirer. Durant toute la journée, nous avons essayé en vain de lui donner des biberons, ma fille à tout totalement refusé. Je me suis ensuite aperçue que les compléments qu’ils lui ont donnés durant cette journée ne contenaient pas mon lait, mais du lait 2ème âge, autant dire que j’étais furieuse …

En contact avec la lèche League, j’ai suivi en parallèle les conseils des animatrices : tirage de lait ++++ pour relancer la production de lait et boire beaucoup d’eau et de tisane d’allaitement.

Le 3ème jour, on m’apprend que sa rhinopharyngite est en train de tomber sur ses bronches, elle aura de la ventoline et de la kiné respiratoire. Autant dire qu’elle avait besoin du sein de maman pour se rassurer. Cette journée a été un véritable calvaire et pour elle et pour moi : le ton est monté avec la pédiatre… elle m’a interdit d’allaiter durant 4 heures et a ensuite pris ma fille durant 2 heures pour lui faire accepter de force le biberon. Elle n’a jamais réussi. En revenant, elle m’accuse d’être à l’origine de son refus : je l’angoisserai, elle me menace de me demander de partir et de m’interdire de l’allaiter définitivement. Je lui demande d’arrêter ses bêtises et de laisser ma fille tranquille le temps qu’elle guérisse ou je la prends sous le bras et je m’en vais de cet hôpital de fou. Elle avait une pyélonéphrite CROTTE !!! Elle me dit que je suis complètement hystérique et m’envoie la psychiatre … BRAVO !!! Je veux le meilleur pour ma fille, eux la maltraitent en l’affamant et c’est moi qui ai un problème…

Le soir, j’ai discuté avec la puéricultrice, je lui ai confié mon malaise quant à l’attitude de la pédiatre. Je lui ai dit que mon instinct de maman me disait qu’il fallait arrêter de vouloir à tout prix la forcer à accepter le biberon et qu’elle mangerait surement mieux les compotes, purée et yaourt à la petite cuillère. Durant la nuit, elle s’est aperçue que je dormais et que ma fille avait faim. Elle a eu la bonne idée de lui donner une compote que ma fille à très bien manger. Elle m’a ensuite dit « on devrait toujours faire confiance à l’instinct des mamans, vous aviez raison … »

En parallèle durant cette journée, une suite de problèmes m’a mis la puce à l’oreille quant au manque de budget :

-          Depuis notre arrivée, je n’avais pas pu laver ma fille, l’eau qui sortait du robinet était froide. Une puéricultrice me dit : «  A oui c’est normal, ça fait des années que l’eau chaude ne vient plus jusque-là demandez-nous des bassines d’eau chaude on fait ça à l’ancienne… »

-          L’infirmière qui vient le matin se trompe de traitement, je m’en aperçois avant heureusement, elle allait lui donner celui de la voisine … Elle s’excuse et me dit qu’elle est seule et un peu débordée pour la matinée …

-          Après le bain, je préviens l’infirmière que sa voie veineuse a bougée, elle n’a pas le temps de regarder, ma fille reste avec une chaussette sur la main pour éviter qu’elle ne l’enlève. Le soir,  je le redis à l’infirmière de nuit qui met seulement une bande par-dessus sans vérifier. Elle passe ensuite sa perfusion d’antibiotique. Le lit est inondé, je rappelle l’infirmière qui me dit «ah oui bon ce n’est pas grave je lui enlève tant pis pour l’antibio de toutes les façons demain elle les prend par voie orale … ». Je suis obligée de rappeler 1 heure après pour que l’on change ses draps, ils avaient oublié…

Le 4ème jour, on me change de pédiatre, elle est un peu plus ouverte, mais continue à dire que mon lait ne suffit pas. J’ai appris après la sortie que l’hôpital avait appelée la PMI qui lui avait dit qu’effectivement l’allaitement exclusif n’était pas une erreur et qu’il me l’avait recommandé. D’autant que des résultats de prise de sang montraient qu’elle n’était pas dénutrie…  Une diététicienne est venue me voir : on lui a demandé de m’expliquer le régime alimentaire strict qu’il faut respecter pour ma fille… « Tous les apports doivent venir par la cuillère, car le lait de maman n’est pas suffisant. » Purée, compote, yaourt, on introduit tout d’un coup et avec du beurre hein,  il faut qu’elle grossisse …

Le soir ils oublient de lui donner son antibio par voie orale c’est moi qui leur rappel à minuit …

La petite voisine étant sortie, on m’annonce qu’un voisin arrive, mais quel voisin … Il s’agit d’une famille de Roms. Je n’ai pas à la base de problème avec ces gens-là j’en connais même personnellement, mais ils ont débarqué à 6 dans la chambre, enfant, papa, maman, cousin etc… Et à chaque fois que je sortais, ils fouillaient et utilisaient  mes affaires. La maman et le bébé avaient vraiment l’air très malade … Je confie mes inquiétudes à une infirmière qui me traite de raciste et de paranoïaque. Vers minuit,  la famille est partie et ne restait que la maman et son bébé, mais elle ne parlait pas français et le petit semblait bien mal en point. J’avais terriblement peur de la contagion d’autant qu’elle continuait à utiliser mes affaires… De nouveau je m’énerve, j’appelle mon mari et notre décision est prise : le lendemain, je prendrai ma fille et mes affaires sous le bras et l’hôpital ne me reverraient plus s’en était trop, j’avertis le personnel …

2 heures du matin : Au moins 6 personnes débarquent en trombe dans la chambre on prend la maman et son bébé, on désinfecte la totalité de la chambre… Je leur demande ce qui se passe, on me répond « secret médical » … J’arrive enfin à avoir une réponse d’une infirmière : le bébé avait une gastro-entérite à Rotavirus … Mon instinct était bon : c’est très contagieux et avec les problèmes de poids de ma fille si elle l’avait attrapé elle aurait fini en réanimation … Les fameuses infections nosocomiales … On arrive avec une maladie, on repart avec une autre !!! Ils n’ont pas pensé à vérifier avant hein bah non il y a un manque de budget …

Le lendemain (vendredi), je finis par trouver un accord avec l’hôpital, je rentre chez moi pour le week-end et je reviens le lundi en hôpital de jour pour contrôler le poids. Si elle n’a pas pris 100g elle sera réhospitalisée de force … Au moment de lui donner le repas du midi juste avant de partir, la pédiatre et la diététicienne  restent dans la pièce pour s’assurer que je donne bien la purée (au cas où c’est moi qui la mangerais hein … on ne sait jamais …). Je m’aperçois qu’elle a l’odeur de poulet, je le dis à la diététicienne qui me dit que je raconte des bêtises, j’insiste, elle goûte et… Effectivement, elle s’était trompée de purée… de la viande à à peine 6 mois je pense que ça n’aurait pas fait du bien à ses reins déjà fragilisés par la pyélonéphrite …

Lundi : nous arrivons à l’hôpital, ils pèsent ma fille qui a bien pris ses 100g mais non on n’en restera pas là… Big-Brother hôpital en a décidé autrement… Donc on la repèse avec une autre balance, on ne sait jamais… La pédiatre appelle la PMI pour demander un suivi du poids 2 fois par semaine. La puéricultrice qui lui répond lui dit de me rappeler les conseils d’allaitement (tirage+++ et tisanes +++) et lui demande d’arrêter de stigmatiser les mamans qui allaitent : Leur lait est ce qu’il y a de plus adapté pour les bébés…

Ensuite,  j’ai eu la bêtise de dire à la pédiatre que visiblement mon lait suffisait puisque depuis notre retour à la maison ma fille refusait les purées, compote et yaourt, car ils l’avaient trop forcé le dernier jour. Vexée par le discours de la pmi et ce que je lui ai dit, elle va chercher un pot de compote pour vérifier que ce que je dis est bien vrai,  elle force ma fille à en avaler une cuillère… celle-ci lui a recraché au visage …

Mercredi : visite de la puéricultrice de la PMI chez moi. Ma fille n’a pas pris 100 g mais 10 g. La puéricultrice était très embêtée l’instruction de l’hôpital était 100 g tous les 2 jours. Mais elle est pro-allaitement et préfère me rappeler les conseils. Elle me rappelle dans l’après-midi pour savoir comment va ma fille.

Le lendemain, elle m’appelle de nouveau, je sens qu’elle est inquiète et que quelque chose la préoccupe, elle me trouve un DAL (dispositif d’aide à l’allaitement) dans une pharmacie à ½ heure de chez moi pour pouvoir supplémenter les tétées de ma fille avec mon propre lait tiré d’avance … Cette femme est vraiment fabuleuse, elle me conseille et me soutient dans mon projet de continuer le plus longtemps possible l’allaitement . Je tente les yaourts, ma fille en accepte 2 dans la journée. Loin de la pression de l’hôpital et en voie de guérison pour sa pyélonéphrite ma fille recommence à gouter ce que je lui propose.

Vendredi : rendez-vous à la pmi avec la puéricultrice. Ma fille a pris 120 g, elle m’explique comment fonctionne le DAL et me demande de réessayer d’introduire progressivement les purées et les compotes. Elle assiste à une tétée et comme je sentais qu’avec le stress je n’avais pas trop de lait, je sors un yaourt que ma fille avale goulument. La puéricultrice sort un vrai ouf de soulagement. Elle m’explique alors qu’elle s’est fait remonter les bretelles par sa hiérarchie, car elle a été à l’encontre de l’avis de l’hôpital. L’après-midi, elle devait rendre des comptes lors d’une réunion avec l’hôpital, elle pourrait leur dire qu’elle avait eu raison car ma fille prenait bien du poids et recommençait à accepter la diversification.

Mon  histoire se termine hier après-midi : Je retourne à la pmi avec ma fille pour la pesée, elle avait pris 410 g en 4 jours. Elle mange de tout (purée, yaourt, compote etc. ) et tète +++ . La puéricultrice était heureuse de me dire que la vapeur s’était inversée lors de sa réunion. La cadre du service de l’hôpital lui a dit qu’elle avait remonté les bretelles de la première pédiatre qui n’en était pas à son coup d’essai. Ce n’est pas la première fois qu’elle s’accrochait avec une maman et qu’elle allait bien trop loin dans son discours… Elle lui a aussi dit qu’elle ferait un rappel aux pédiatres sur les bienfaits de l’allaitement et sur la charte européenne du droit de l’enfant hospitalisé affiché dans toutes les chambres de son service notamment : « On essaiera de réduire au maximum les agressions physiques ou émotionnelles et la douleur » et « Un enfant hospitalisé a le droit d’avoir ses parents ou leur substitut auprès de lui, jour et nuit, quel que soit son âge ou son état »…

En conclusion je dirais : Tous s’est bien fini pour nous et heureusement…

Mais hôpital mon ami tu es vraiment malade :

-           tu manques cruellement de budget pour assurer le confort des enfants et de leur famille.

-          Tu mets en danger tes patients en réduisant ton personnel qui malgré toute sa bonne volonté se retrouve débordé et fait des erreurs qui pourraient être évitées s’ils géraient moins de patients.

-          Tu as des professionnels et des élèves infirmiers ou puéricultrices formidables, à l’écoute des patients. Prend soin d’eux ne va pas les dégouter de pratiquer leur si beau métier et donne leurs les moyens au lieu de leur enlever.

-          Ouvre des lits dans les hôpitaux au lieu de les fermer.

-          Mets les moyens pour entretenir tes locaux : Je trouve complètement absurde que les toilettes d’un hôpital rempli de gens malade ne soient lavées qu’une seule fois par jour… 

-          Quand tu affiches une charte dans toutes les chambres, fait en sorte qu’elle soit respectée, ne fais pas des vœux pieux que tu ne respectes pas.

-          Mais surtout hôpital mon ami pitié forme tes praticiens au bienfait de l’allaitement, explique leur que ce n’est pas de la maltraitance que d’allaiter son enfant : au contraire…

-          Ne blâme pas les praticiens qui soutiennent les mamans pour qu’elles puissent allaiter le plus longtemps possible.

-          Respecte le couple maman / bébé,  allaitement ou biberon du moment où c’est le choix de la maman, il est bon !

-          N’oublie jamais que l’on n’a jamais vu du lait d’une maman qui ne soit pas bon pour son bébé !

 Et pour terminer hôpital, explique à tes médecins que leur rôle est de soigner les enfants et que celui des mamans est de materner … à bon entendeur ;)